Le Marché, ce monstre immonde

LeMarche.jpgAlors que j’espérais, comme de nombreux socialistes européens,
le départ de Berlusconi depuis longtemps, étrangement je ne suis pas satisfait aujourd’hui. Tout ça à
cause d’un monstre sans tête qui est venu gâcher ma joie, le Marché. Ce mois-ci en Europe le Marché a
pris le pouvoir sur le peuple dans au moins deux pays. En Grèce comme en Italie, le citoyens avaient élu des députés sur un programme électoral. Les différents partis en lice avaient chacun un
programme avec leur propre vision de la culture, leurs choix pour l’éducation, un axe pour l’industrie de leur pays, une idée de leur politique étrangère et des envies pour la justice et le
bien-être de tout ou partie de leurs concitoyens. Mais le Marché n’aime pas la politique. Le Marché est égocentrique et ne pense qu’à Lui. Du coup, le Marché est heureux quand des gouvernements
d’union se créent pour suivre à la lettre Ses directives. En revanche, le Marché est inquiet quand le gouvernement risque de changer car des élections se profilent, Il n’aime pas quand on évoque
de demander au peuple ce qu’il veut pour son pays. Pourquoi demander à une majorité de personnes alors que le Marché a déjà décider ?

Qui est le Marché ?

Personne ne le sait vraiment. Le Marché ne veut pas être représenté, encore moins caricaturé. Pour tromper son monde il peut prendre plusieurs apparences :

  • des pourcentages : positif, le Marché est content, négatif, le Marché est en colère,
  • des lettres : AAA, A1+, CCC, des pythies sont là pour interpréter ces signaux
  • des institutions : FMI, OMC, BCE, FED, le Marché, taquin, peut ainsi souffler le chaud et le froid. Tiens je te donne de la main gauche pour t’en prendre plus de la main droite.

Le Marché est sanguinaire. Il aime quand les têtes tombent. On a décidé d’ignoré le Marché qui se gave sur la dette et les intérêts des pays africains mais quand le Marché a commencé à s’attaquer
au monde occidental, il était déjà trop tard. On Lui a fait des sacrifices, d’abord des traders comme Nick Leeson ou Jérôme Kerviel (mais que vaut un trader pour le Marché), puis des magnats de
la finance comme Bernard Madoff. Le Marché en voulait toujours plus, on lui a offert sur un plateau une banque multinationale Lehman Brothers, à présent on lui offre quelques pays européens. Je
n’ai toujours pas l’impression que le Marché soit rassasié. J’ai bien peur que ce monstre continue d’en demander toujours plus et continue d’affamer et de terrifier un nombre plus en plus grand
de personnes à travers le monde.

Il me semble clair que ce n’est pas en essayant de gaver le Marché que l’on arrivera à le mettre à terre. En revanche, nous avons vu que le Marché a une peur farouche de la voix des peuples.
C’est donc au peuple de faire une union sacrée contre le Marché et non aux gouvernements de faire des unions de complaisance avec le Marché. C’est aux différents peuples européens de s’exprimer à
l’unisson pour donner un pouvoir fort à de nouveaux gouvernants, en 2012 en France, en 2013 en Allemagne, dès que possible partout en Europe.

Mais n’oublions pas qu’il vaut mieux être nombreux et ensemble pour faire face au Marché, il est donc contreproductif d’exprimer son rejet du Marché en appelant la Haine. Ce monstre a certes déjà
terrassé le Marché, mais aussi l’Humanité…

 

Illustration: Itoka, monstre japonais lointain cousin de King Kong

 

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Le Marché, ce monstre immonde:
Alors que j’espérais, comme de nombreux socialistes européens,
le départ de Berlusconi depuis longtemps, …

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2 Commentaires

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2 réponses à “Le Marché, ce monstre immonde

  1. dans ce cas, cher camarade blogueur, j’aimerais savoir ce que tu penses de la formule de Hollande qui entend donner du sens à la rigueur ? N’est-ce pas un signe de docilité inapproprié envers le
    monstre ?

  2. Bonjour Cyril. excellent article auquel je me permets d’ajouter ces remarques.
    Le pouvoir politique démocratiquement élu doit toujours s’imposer aux financiers,aux marchés,qui tiennent leur puissance du veau d’or.
    Mme Merkel doit accepter que la BCE obtienne les mêmes attributions que la Fed des USA.Cela introduirait dans le fonctionnement de l’Europe un rouage fort et symbolique traduisant la solidarité
    indéfectible de l’Europe.Pour fléchir l’intransigeance de Mme Merkel,on pourrait lui rappeler la souplesse et la solidarité de l’Europe entière lorsqu’il a fallu réunir l’Allemagne.Elle a trouvé
    dans les 15 millions d’Allemands de l’Est, une population prête à accueillir des délocalisations de proximité venant de l’ouest, et à accepter des salaires d’amis, inférieurs à ceux de l’Ouest.
    La rigidité de A.Merkel risque d’être bientôt interprétée comme de l’arrogance dominatrice. Il ne faut pas en arriver là. Ce serait réveiller chez nous de vieilles rancoeurs heureusement oubliées
    dans un siècle passé. Les égoïsmes nationaux excessifs sont de mauvais conseillers pour l’Europe et pour la paix.L’intérêt national ne doit jamais se travestir en égoïsme nationaliste.
    Quand va-t-on enfin se soucier de faire naître une bonne conscience de « Citoyen Européen »,qui n’existe pas encore vraiment. Ce serait là un beau projet.
    Cordialement et bonne journée. Y.C.